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VISITE D’ETUDE A BOLOGNE DANS LE CADRE DU PROJET EUROPEEN MOPPPI

Actualité

Le projet Erasmus+ MOPPPI – MObilité des Professionnels de la Pénitentiaire, la Probation et l’Insertion – a pour objet l’organisation de mobilités en Europe pour la formation de représentants du Centre Pénitentiaire de Bordeaux Gradignan, du SPIP 33, de l’INSUP et des associations MAI 33 et ALIFS.

Ce projet financé par l’Union Européenne et piloté par l’INSUP, permettra d’ici septembre 2020, la formation à l’étranger lors de 40 séjours d’une semaine, des professionnels et bénévoles de ces institutions intervenant auprès des détenus et/ou de leurs familles.

La première mobilité de 10 participants a eu lieu à Bologne (Italie) du 10 au 16 février 2019. La délégation française qui a été accueillie en collaboration avec son partenaire italien Consorzio Open, se composait de 4 salariés du Centre Pénitentiaire de Bordeaux Gradignan, 1 représentante du SPIP33, 3 formateurs d’INSUP et 2 bénévoles de MAI33.

Consorzio OPEN, qui a largement contribué à l’organisation de la semaine de formation et des visites de contact avec les homologues professionnels italiens, est un consortium national d’institutions intervenant pour la formation, l’insertion et l’accompagnement des personnes sous main de justice et leurs proches.

Le programme de mobilité à Bologne s’est ouvert par une journée de formation en centre sur le contexte italien : le système judiciaire, la situation des institutions pénales (nombre de prisons, statistiques sur la population carcérale, l’organisation des prisons, l’approche de gestion des situations au niveau national, régional et local) ; le système d’exécution pénale et de mise à l’épreuve, la prise en charge des détenus et l’intervention des institutions locales en vue de la réinsertion professionnelle, culturelle et sociale. La session de formation a été animée par le directeur régional de l’administration pénitentiaire d’Emilie Romagne, la responsable de la Mairie de Bologne chargée de la lutte contre la marginalisation des adultes, la responsable de l’exécution pénale au sein de l’organisme de formation et d’insertion CEFAL et une représentante d’UEPE, le service de probation italien.

Les trois journées suivantes ont été consacrées à la visite d’établissements pénitentiaires, à la rencontre et à des échanges avec des homologues professionnels dans trois lieux très différents :

  • Le centre pénitentiaire de Bologne, un centre de réclusion abritant 800 détenus de 36 nationalités en zone urbaine.
  • Le centre pénitentiaire de Forli, établissement atypique de 60 détenus, situé dans l’enceinte d’un château médiéval au centre d’une petite ville et d’une communauté très impliquée.
  • Le centre de détention d’Ancona sur la côte adriatique, établissement récent de taille humaine, porteur d’un fort projet d’insertion dans et hors les murs, en lien avec la communauté et les entreprises.

Les visites et la dernière journée de formation en centre ont été l’occasion de rencontrer les associations qui, du fait du manque de moyens de l’administration pénitentiaire, assurent un accompagnement important auprès des détenus et de leurs familles. La délégation a aussi pu apprendre de plusieurs institutions et organismes professionnels intervenant dans l’accompagnement des détenus pendant et après l’incarcération :

  • La Région Emilie Romagne, dont un délégué est venu présenter les politiques en faveur de l’insertion des personnes.
  • La Municipalité de Bologne, dont le Service aux Personnes est spécialisé dans l’insertion post-pénitentiaire.
  • Don Calabria, institution leader en Italie de l’intervention auprès des mineurs sous main de justice.
  • Consorzio Open, qui intervient dans 8 prisons en Piémont et en Sardaigne sur plusieurs dispositifs d’insertion.
  • Cefal Emilie Romagne, coopérative intervenant dans les établissements de Bologne et Ravenne, aussi porteuse d’un projet de restaurant pour la qualification de jeunes en décrochage scolaire. La délégation a pu rencontrer les apprentis en formation et déjeuner au restaurant d’application.
  • Technè, qui propose de la formation professionnelle et de la création d’activité professionnelle en prison.
  • Cooperativa Sociale A&I, porteuse d’initiatives d’insertion.
  • Scuola Centrale di Formazione qui, via 44 centres, offre de la formation en prison dans toute l’Italie.
  • COS Marche qui intervient à l’extérieur de la prison pour l’accompagnement et l’insertion professionnelle des ex-détenus.

Au terme de cette semaine d’échanges nourris et chaleureux, les participants français retiennent :

  • L’extrême hospitalité des partenaires italiens.
  • Le manque de moyens des services de justice, de l’administration pénitentiaire et d’UEPE, heureusement compensé en grande partie par la très forte mobilisation des institutions locales et du tissu associatif, confessionnel ou non.
  • La responsabilisation des détenus et l’accent mis sur la réinsertion par la formation ou le travail rémunéré à taux normal, même si les emplois en prison demeurent insuffisants.
  • Les efforts pour maintenir les liens avec la famille, la communauté et changer le regard de celle-ci sur la détention.
  • L’augmentation des mesures alternatives à la détention.
  • Les difficultés liées à la surpopulation carcérale, la surreprésentation des détenus d’origine étrangère et la lutte contre la violence et la radicalisation.

Gisèle MASSOL

Responsable Service Mobilité / Coordinator Mobility Courses